PARCOURS SCIENTIFIQUE

Naissance du désir de comprendre le Monde

Née en 1965 d'une famille juive émigrée d'Europe de l'Est. Une enfance parisienne dans l'atelier de confection de mes parents (dont 7 années de Talmud: école hébraïque), et un bac scientifique, ont fait grandir en moi le désir de comprendre le monde. Ceci m'a orientée vers des études de Géographie d'où je comptais accéder à une école de journalisme. Lors de mon cursus de Géographie à l'Université Paris VII, j'ai rencontré François Durand-Dastès et Léna Sanders dont l'approche m'a passionnée et que j'ai décidé de suivre en maîtrise où j'ai commencé à aborder la question des échelles qui m'intéresse toujours. Ma «profession» d'alors était entraîneur et juge de Gymnastique, que j'ai exercée pendant 10 ans (14-24 ans)

En DEA, j'ai rencontré Denise Pumain, qui m'a proposé de travailler avec elle sur les villes européennes. Nous avons élaboré un projet de thèse confrontant les villes européennes et les entreprises multinationales qui a été retenu par la DATAR pour financement pendant 3 ans. J'ai alors été intégrée à l'Equipe PARIS, où nous avons mené avec Nadine Cattan, un travail laborieux d'inventaire des définitions possibles de la ville en Europe sous la direction de Denise Pumain et Thérèse Saint-Julien. C'est là que j'ai tout appris: le monde universitaire, les cours de fac, les colloques, la vie de laboratoire, mais aussi le goût de la culture des «intellectuels».

Tissage du réseau scientifique

La thèse finie, j'ai obtenu un poste à Montpellier, et étant accueillie au GIP RECLUS, j'ai pu continuer à travailler avec l'équipe PARIS. Cela nous a permis notamment de publier rapidement «les villes Européennes» avec Nadine Cattan, Denise Pumain, et Thérèse Saint-Julien, puis avec ces deux dernières et Michel Vigouroux (mon collègue regretté), l'Atlas de France: les villes, le premier sorti de cette collecion du GIP RECLUS. J'ai toujours poursuivi ma collaboration avec l'Equipe PARIS notamment avec Denise Pumain, mais aussi avec François Moriconi et Anne Bretagnolle sur les systèmes urbains européens. Toutefois le GIP RECLUS m'a ouvert d'autres horizons, notamment celui du multimedia : l'Europe à la Carte avec Roger Brunet en collaboration avec La Cité des Sciences de La Villette, suivi d'une collaboration à 6 milliards d'Hommes avec Gilles Pison du Musée de l'Homme.

La rencontre avec les géographes du Sud, par le biais du Groupe Dupont et du DEA en réseau Structures et Dynamiques Spatiales a également été capitale pour me décider à rester. J'y ai trouvé un univers familier de recherches théoriques qui m'ont permis de continuer à développer mes réflexions en analyse spatiale.

La transformation du GIP RECLUS en UMR ESPACE et en GDR Libergéo m'a dans ce contexte particulièrement concernée. Le travail en réseau que je développais depuis quelques années s'est trouvé un ancrage plus important dans une équipe de recherche locale et des structures en réseau adaptées. J'essaie donc dans la mesure de mes moyens de développer à Montpellier, dans l'UMR et dans le GDR libergéo l'animation de la recherche par le biais de séminaires (RAS à Montpellier), séminaires des modèles au sein du GDR Libergéo. L'expérience de l'organisation d'une première école Thématique CNRS à Montpellier en 1995 avec Joël Charre et Jean-Luc Bonnefoy, m'a fortement motivée à vouloir réitérer l'expérience d'une seconde, qui aura lieu en Septembre 2001.

Par ailleurs, Michel Savy m'a donné l'opportunité de confronter mes savoirs théoriques avec le monde de la décision en me proposant d'animer en 2000 un atelier de 10 jours sur le thème de la «métropolisation» à l'Institut des Hautes Etudes pour le Développement et l'Aménagement du Territoire (IHEDAT: organisé par Sciences Po et l'ENPC). Les questionnements des auditeurs («hauts fonctionnaires») m'ont permis d'approfondir ma connaissance sur le rôle de la recherche face aux décideurs, notamment sur l'importance de mettre en évidence les marges de liberté qu'ils ont face aux processus «auto-organisés» des sociétés.

Recherches et projets actuels:

Mes recherches sur les réseaux urbains européens continuent à s'appuyer sur des bases de données actualisées et reformulées face aux nouvelles interrogations. Elles tentent aussi de devenir plus théoriques en rejoignant la théorie des graphes et les analyses multiniveaux, afin d'étudier les territoires réticulaires dans leurs diverses dimensions. Des tentatives d'analyses de discontinuités spatiales réticulaires sont à l'essai et devraient être présentées au colloque européen de Géographie Théorique et Quantitative à Saint-Valéry en Caux.


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