L'Espace géographique 3/96

Version sans les résumés


Espace d'échanges

L. DIAZ OLVERA, M. LE NIR, D. PLAT, Ch. RAUX. Les effets de frontière, une barrière à la compréhension des échanges internationaux? (2 tabl., 3 fig.)

La situation actuelle semble propice à une explosion des échanges internationaux à l'échelle européenne. La prévision de cette croissance recourt usuellement au concept d'effet de frontière. La modélisation des données disponibles permet d'en exhiber différentes mesures qui paraissent réalistes, mais leur examen plus attentif débouche sur des incohérences. Toutefois, plus qu'à une critique empirique, c'est à une remise en cause théorique du concept qu'il convient de se livrer. Redonnant une épaisseur à l'espace sur lequel s'inscrit la frontière, une telle démarche débouche sur un renouvellement de la problématique d'appréhension des flux internationaux.


Antoine FRÉMONT. L'espace maritime et marchand: pour une problématique (3 tabl., 1 fig.)

La compréhension de l'espace maritime passe toujours par une étude descriptive de l'infrastructure matérielle qui permet son fonctionnement. Mais la mondialisation des échanges et la conteneurisation amènent à repenser la problématique de l'espace maritime. Sa maîtrise ne peut être que planétaire grâce à la constitution de réseaux maritimes mondiaux. Ceux-ci sont eux-mêmes imbriqués de plus en plus étroitement aux réseaux terrestres de transport. L'espace maritime se comprend de moins en moins en lui-même. Il est désormais ouvert aux jeux d'acteurs terrestres et maritimes qui l'intègrent à un vaste espace homogène de circulation.


Grand format

Lecture des Formes de l'expérience de Bernard Lepetit (Augustin BERQUE)


Cheminement des concepts

Olivier ORAIN. La géographie russe (1845-1917) à l'ombre et à la lumière de l'historiographie soviétique (1 tabl.)

La géographie russe a connu avant la révolution de 1917 un développement institutionnel et une floraison fort proches des standards européens de l'époque. Mais, pour des raisons multiples, elle est demeurée quasiment inconnue en Occident, où l'on commence à peine à la découvrir. à l'historien de la géographie désireux de travailler sur ce champs s'offre, outre l'accès direct aux textes et sources diverses, un médiateur de poids: la tradition historiographique soviétique. à ce titre, cet article se présente d'abord comme une évaluation du contenu, des caractéristiques et des limites de cette production. Il en indique la lente et relative professionnalisation, dans le sillage des polémiques des années 1960. Ensuite, un travail de réinterprétation de l'histoire de la géographie russe est esquissé, dans une perspective socio-historique Il s'agirait de montrer que le caractère tardif et inachevé de l'institutionnalisation de la discipline en Russie procède de la faiblesse de la société civile durant tout le XIXe siècle et des besoins géographiques spécifiques de l'appareil d'état, qui n'ont guère favorisé l'autonomisation d'une science universitaire.


Soizic ALAVOINE. Les mots des géographes (1907, 1970, 1992), lecture croisée à propos de la lettre A (3 tabl.)

Trois dictionnaires permettent de rendre compte d'un siècle d'histoire de la géographie grâce aux mots qu'elle emploie et au sens qu'elle met derrière chaque mot. À trois époques différentes, un éminent géographe de sa génération a voulu marquer les acquis de sa discipline au travers d'un recueil de mots: Albert Demangeon en 1907, Pierre George en 1970 et Roger Brunet en 1992. Le champ lexical du géographe s'est transformé; disposant au départ d'un vocabulaire toponymique et d'un petit nombre de noms propres, il a connu l'époque de l'hyperspécialisation où dominait la géographie physique, avant de s'orienter vers une géographie humaine plus ouverte.


Méthodes d'analyse

Philippe MÉJEAN, Bernard VIGNON, Marc BENOÎT. Étude des critères d'appréciation des acteurs du paysage dans trois espaces agricoles lorrains (3 tabl., 1 fig., 2 phot.)

Face à des paysages agricoles semblables, des habitants de trois villages du plateau lorrain expriment leurs jugements et attentes. Le paysage est décrit au travers des critères d'appréciation utilisés. Il est apprécié du fait de son aspect vivant, de sa diversité, et de la présence d'éléments repères qui font son identité. L'utilisation de critères d'appréciation, fonctionnelle et esthétique, est différente selon l'intensité et l'ancienneté du lien de la personne au territoire, les fonctions du territoire communal (touristique, résidentiel, agricole), et selon que l'individu juge ou conçoit une modification paysagère.


Position de recherche: Fabienne JOLIET. Paysages d'entreprises

Michel LECOMPTE, Frédéric ALEXANDRE. Discontinu et continu de la végétation et du milieu. De la théorie des étagements en altitude à la phytoclimatologie dynamique (4 fig.)

Dès l'aube du XIXe siècle, Humboldt établit une distinction nette entre étagement des paysages et continuums, reprise un siècle plus tard par Schröter. Puis les botanistes et phytogéographes tentent de rapprocher les deux concepts en cherchant les structures discrètes de la végétation, du climat et des paysages associés: ainsi émerge un type syncrétique d'étage phytoclimatique. Les modèles dérivés de ce nouveau concept reposent sur l'hypothèse de l'existence de communautés végétales et de climats homogènes, qui ne peut pourtant être soutenue là où dominent les gradients climatiques, particulièrement en montagne. Là, le défilement des espèces «en écailles» le long de ces gradients, en fonction de la niche climatique de chacune, aboutit bien à ces continuums pressentis par Humboldt, et vérifiés par l'approche de la phytoclimatologie dynamique.


Dominique PEETERS, Jacky PERREUR. L'approche wébérienne de la localisation industrielle et ses extensions: un bilan (2 fig.)

La théorie de la localisation industrielle de Weber est souvent présentée sous une forme tellement simplifiée qu'elle n'est plus pertinente. Dans cet article les auteurs rappellent le modèle de base et montrent qu'il est beaucoup plus riche que ne le laissent penser les versions résumées couramment rencontrées. Ils en montrent des extensions, avec différentes façons de représenter l'espace pour l'inclure dans le modèle, et l'enrichissement du concept d'entreprise, incluant les services publics. Ils concluent que, considérant la distance comme un facteur synthétique de localisation, le modèle de base reste pertinent pour expliquer et déterminer les localisations industrielles, si l'on accepte d'élargir le concept de poids (masse de produits à transporter ou potentiel d'attraction) affecté aux différents sites.


Lectures


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dernière mise à jour: 5 octobre 1996