L'Espace géographique 4/02

Version sans les résumés


Mobilités

Déplacements domicile-travail et organisation du Bassin parisien (1 tabl., 8 fig.)

Les chiffres du dernier recensement ont confirmé la croissance continue des espaces métropolitains. Ce phénomène interroge au premier chef la grande concentration humaine qui entoure la capitale française. Au cœur d’un bassin de vingt et un millions d’hommes, Paris voit évoluer les modalités de sa croissance. Sont examinées ses relations avec les espaces directement sous le feu de la croissance de l’agglomération, et les vastes espaces régionaux qui s’étendent au-delà de ces fronts d’urbanisation.

À l’aide des migrations alternantes, un outil certes partiel mais qui présente l’avantage de la synthèse, deux types d’espaces participant de l’espace francilien sont discernables aux frontières de l’agglomération, deux types de franges : des franges internes, tout entières tournées vers la capitale et en voie d’intégration rapide à la métropole et à ses pôles de banlieue, des franges externes, espaces vivant autour et pour un centre local qui vit autour et pour Paris. Un ensemble de " villes avant-postes structure ainsi l’espace à quatre-vingts kilomètres de la capitale.

Au-delà de cet espace francilien, fortement intégré, des ensembles régionaux s’organisent autour des villes de plus de cent mille habitants. Monocentriques ou multipolaires, ces espaces vivent essentiellement par eux-mêmes et par leurs relations avec la capitale plutôt qu’entre eux ou avec l’espace francilien dans son ensemble. Ils sont par ailleurs de plus en plus au contact de la zone de croissance de l’agglomération francilienne.

mots clés: BASSIN PARISIEN, ESPACE FRANCILIEN, MÉTROPOLISATION, MIGRATIONS ALTERNANTES


Morphologie spatiale-morphologie sociale II

Jean-Christophe FRANÇOIS. Évitement à l’entrée en sixième et division sociale de l’espace scolaire à Paris (11 tabl., 3 fig.)

En France, les élèves sont normalement dirigés vers un établissement scolaire public en fonction de leur adresse de résidence. Une partie des familles évite cet établissement par divers moyens. L’objet de ce travail est de mesurer les effets de cet évitement scolaire sur la division sociale de l’espace scolaire de Paris intra-muros. On constate d’abord que l’évitement est pratiqué très inégalement par les différentes catégories sociales, les plus favorisées évitant davantage. Néanmoins, la réussite des demandes de dérogation officielle n’est pas liée, à Paris, à l’appartenance sociale du demandeur. On montre ensuite que l’évitement scolaire renforce de façon significative la division sociale de l’espace parisien, et ce, à différents échelons géographiques. En revanche, les conséquences de l’évitement sur la mixité sociale mesurée en termes de probabilité de contact entre élèves de catégories sociales différentes, demeurent pour l’instant assez limitées. On recherche enfin, dans le contexte social d’une part et le contexte géographique d’autre part, des composantes explicatives de l’évitement.

mots clés: ENSEIGNEMENT SECONDAIRE, MÉTHODOLOGIE, PARIS, SÉGRÉGATION


Les gated communities à Los Angeles, place et enjeux d’un produit immobilier pas tout à fait comme les autres (2 tabl., 5 fig.)

Quartiers résidentiels dont l’accès est contrôlé et dans lesquels l’espace public est privatisé, les gated communities sont pour l’essentiel des produits de la promotion immobilière. Gérées sur un mode de gouvernance privée, en quête d’indépendance politique, elles tendent à accentuer les ségrégations sociales. À ce titre, elles engendrent non seulement une discontinuité physique, mais aussi sociale. Los Angeles et ses environs offrent un cadre d’étude privilégié de ce phénomène immobilier, étant donné son développement dans les métropoles de la Sun Belt.

Il s’agit tout d’abord de qualifier les différentes localisations de gated communities dans leur espace d’appartenance, à l’échelle de l’aire urbaine de Los Angeles. Posant la question de la nature de la discontinuité produite, on aborde la spécificité de ces quartiers par rapport à leur voisinage par le biais des valeurs immobilières. Ces quartiers forment ainsi des espaces dont les valeurs des propriétés se distinguent de celles du voisinage, et qui sont relativement plus homogènes que dans celui-ci. On constate enfin que la gated community, par la nature de son projet urbain et de gouvernance par contrat, contribue à protéger l’investissement immobilier des fluctuations du marché.

mots clés: AMÉNAGEMENT, COMMUNAUTARISME, ÉTATS-UNIS, GATED COMMUNITIES, IMMOBILIER, INTRA-URBAIN, SÉGRÉGATION


Intégration sociale et spatiale dans la région de Katowice (Pologne) (4 tabl., 1 fig.)

L’exemple de la région de Katowice est particulièrement intéressant parce que c’est un cas où il n’est guère possible de faire la différence entre l’intégration sociale et l’intégration spatiale, qui sont liées dans un processus historique spécialement complexe. Par exemple, dans une étude concernant la perception de l’espace local environnant par les élèves d’une école primaire âgés d’environ 14 ans de la ville de Myslowice (Rykiel, 1985), il apparaît que la barrière psychologique entre la Haute Silésie et le reste de la région de Katowice (le bassin de Dabrowa et le district ouest de Cracovie) est liée à un héritage social (l’origine territoriale de la famille) mais aussi à un effet spatial (la résidence en haute Silésie). En effet, la perception négative des villes du bassin de la Dabrowa par les habitants de Haute Silésie était aussi présente dans la génération des immigrants qui ont adopté la mentalité locale et ont ainsi contribué à renforcer et reproduire cette barrière psychologique.

Au moyen d’une étude empirique sur l’évolution des mariages dans la région de Katowice, on tente de démontrer que la mesure de l’intégration sociale et de l’intégration spatiale est très difficile car les notions et concepts utilisés pour définir l’intégration ne sont pas clairs, l’arrière-plan historique et culturel de la région de Katowice assez complexe et la fiabilité des données limite le champ d’investigation potentielle.

mots clés: INTÉGRATION SOCIALE, INTÉGRATION SPATIALE, POLOGNE, REPRÉSENTATION


Jean-Christophe FRANÇOIS, Claude GRASLAND, Renaud LEGOIX. L’espace compte


Image et science géographique

L’investigation du territoire par l’image: apport de la notion de «série» dans l’exploitation de fonds photographiques (1 tabl., 2 fig., 1 encadré)

La photographie est une source documentaire particulièrement riche pour la géographie, qui peut espérer affiner son appréhension d’un territoire dans l’abondance des images. Dans son déchiffrement et son exploitation scientifique, la photographie est rapportée à la réalité, comme espace de compréhension en fonction duquel la photographie fait sens. Pour compléter cette approche classique et prendre en compte la multiplicité des vues qu’offrent les fonds, et dans l’hypothèse que leur coprésence fait sens, j’ai tenté de repérer la façon dont l’ensemble photographique peut composer lui-même un tout de référence où s’inscrit l’information et se construit la signification de chaque vue particulière. Le propos est donc ici de voir les spécificités de l’objet-image, de présenter la notion de série qui complète et croise une lecture thématique des vues, puis d’en montrer les apports pour l’exploitation scientifique. De fait, la série peut devenir un mode d’appréhension de l’ensemble photographique, une méthode de lecture faisant ressortir les cohérences internes et formes de structuration d’un fonds, un type d’analyse permettant cette recomposition de l’espace qui fait tant défaut aux géographes dans les classements thématiques

mots clés: FONDS DOCUMENTAIRE, INDOCHINE, MÉTHODE D’ANALYSE, PHOTOGRAPHIE, SÉRIE, TERRITOIRE


Géographie du tourisme

À propos de la géographie du tourisme, en réponse à Rémy Knafou (Jean-Michel Dewailly et Émile Flament) et réponse de Rémy Knafou.


Lectures


Dans ce numéro de l'Espace géographique, vous trouverez des comptes rendus de lecture des ouvrages suivants:

BOURDIER Marc, PELLETIER Philippe, dir. (2000). L’Archipel accaparé. La question foncière au Japon. Paris: Édition de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, 310 p. ISBN: 2-7132-1317-7

CHAPOULIE Jean-Michel (2001). La Tradition sociologique de Chicago, 1892-1961. Paris: Le Seuil, 491 p. ISBN: 2-02-041920-3

DI MEO Guy (2001). La Géographie en fêtes. Gap: Ophrys, coll. «Geophrys», 270 p. ISBN: 2-7080-0991-5

GANDY Matthew (2002). Concrete and Clay: reworking nature in New York City. Cambridge Mass.: MIT Press, 344 p. ISBN: 0-262-07224-6

GHORRA-GOBIN Cynthia (2000). Les États-Unis entre local et mondial. Paris: Presses de Sciences Po, coll. «Références inédites», 288 p. ISBN: 2-7246-0814-3

GLACKEN Clarence J. (2000). Histoire de la pensée géographique. Paris: CTHS (traduction de Traces on the rhodian shore, 1967). ISBN: 2-7355-0429-8

HARLEY J.B. (2001). The New Nature of Maps. Essays in the History of Cartography. Baltimore et Londres: The John Hopkins University Press, 334 p. (édité par P. LAXTON, avec une introduction de J.H. ANDREWS). ISBN: 0-8018-6566-2

PHILIPPE Jean, LEO Pierre-Yves, BOULIANNE Louis-M. (1998). Services et métropoles: formes urbaines et changement économique. Paris: L’Harmattan, 300 p. ISBN: 2-7384-8211-2


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dernière mise à jour: 4 novembre 2002