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à-pic, paroi verticale en montagne ou dans des gorges, sans surplomb.

Aa, 1. fleuve du Nord de la France, premier de la liste des noms géographiques. Il vient d’un vieux radical av, ahwa désignant l’eau courante, qui apparaît aussi dans les pays nordiques et a donné le latin aqua.
2. l’aa est une lave scoriacée, rugueuse, donnant des terrains difficiles à parcourir (terme hawaïen, v. pahoehoe).

abandon, perte, rupture d’un lien, d’une action: maison à l’abandon, terre à l’abandon. Certaines contrées rurales, voire des banlieues, peuvent se sentir abandonnées par manque ou défaillance de services publics et surtout de santé.

abattis, défrichement avec abattage d’arbres; noms en Abatttus, Abattée, Labatut, les Battées.

abbaye, monastère avec abbé; fondée souvent dans des lieux isolés ou reculés, elle a donné de nombreux toponymes, dont Abadie, Labat; abbé vient par le grec de l’araméen abba, père.

abée, conduit d’eau vers un moulin; a donné quelques noms de lieux-dits, à ne pas confondre avec abbé et abbaye; vient de la même racine que bief.

aber, estuaire en breton: l’Aber Wrac’h, l’Aber Benoît et l’Aber Ildut, au nord de la Bretagne, sont encaissés et sinueux. Le nom se retrouve dans ceux de villes écossaises ou galloises: Aberdeen (estuaire de la Dee), Aberystwyth (à l’embouchure de l’Ystwyth).

abergement, contrat médiéval de location d’une terre ou de maisons. Le nom, de forme et de sens voisins d’hébergement, reste porté par plusieurs communes du Jura.

abîme, cavité naturelle profonde (grec abyssos, sans fond), aux bords abrupts; ex: Bramabiau (où brame le bœuf); v. puits, abysse, aven. S’emploie souvent par métaphore: un abîme de perplexité.

aborigène, qui vit dans le pays où il est né; syn. indigène, autochtone. Souvent limité, à la suite de l’anglais, aux populations anciennes de l’Australie.

abreuvoir, point d’eau pour des troupeaux; nombreux toponymes en Abeuradou, Beuradou, Bédouère, Brévanne pouvant désigner aussi des puits ou des rus.

abrupt, pente très forte, avec rupture de pente; v. escarpement.

abysse, très grande profondeur (grec abyssos, sans fond); employé le plus souvent au pluriel et pour les grandes profondeurs océaniques, au-delà de - 2 000 m et surtout de 4 000. Seule une très petite partie des espèces animales et végétales ont pu y être identifiées jusqu’ici.

accident, forme éminente ou remarquable d’un relief, comme une côte, un fossé, un gouffre, une dune, une fracture, un chaos, un mont, etc.

accru, défrichement, avec lieux-dits dans l’Est de la France (les Accrus, les Accres).

accul, v. cul-de-sac

aciérie, fabrique d’acier, de grande taille en général. L’acier est du fer amélioré au carbone, produit en grande quantité (1 900 Mt/an dans le monde); le nom a été tiré au XIIe siècle du latin acies, pointe tranchante (acérée); pas de toponymes; seulement des noms de rues. V. sidérurgie.

adaptation, en principe, l’écoulement des eaux suit les pentes et le tracé des cours d’eau tend à s’adapter aux accidents du relief; pourtant il n’est pas rare que des cours d’eau traversent des barres rocheuses en gorge ou défilé: soit par antécédence, soit par épigénie, qui entraînent des désadaptations.

adobe, mélange d’argile, de sable et de pailles, façonné en briques séchées au Soleil, permettant d’édifier des constructions; v. pisé.

adresse, point défini par ses coordonnées, spécialement pour un logement, un établissement.

adret, versant qui reçoit directement (dret = tout droit) les rayons du Soleil: versant exposé au sud dans l’hémisphère nord; syn. soulane.

AEIOU, Austria Est Imperare Orbi Universo (il revient à l’Autriche d’étendre son empire sur le monde entier), devise des Habsbourg depuis le milieu du XVe siècle, d’un impérialisme mégalomaniaque et d’autant plus dérisoire que, par la suite, ce sont les puissances maritimes européennes (Angleterre, France, Espagne, Portugal, Hollande) qui ont mis la main sur la quasi-totalité du Monde…

affluent, cours d’eau qui aboutit à un autre cours d’eau, en principe plus puissant, mais qui peut être lui-même un affluent (v. sous-affluent); il le rejoint au confluent. L’Aisne est un affluent de l’Oise, le Cher un affluent de la Loire, le Tarn de la Garonne, la Saône du Rhône.

affouage, ancien droit de glane de bois mort accordé par un seigneur à chaque famille (feu); plusieurs lieux-dits, surtout dans l’Est.

affût, abri de chasse; lieux-dits l’Affût; v. hutteau, palombière.

agglomération, ensemble urbain associant plusieurs communes. L’agglomération de Tours a environ 300 000 habitants, la commune centrale 138 900. V. conurbation.

agriculture, culture des champs, surtout pour l’alimentation humaine ou animale; de la racine IE agro, présente aussi dans agraire, agrarien, agricole, agriculteur, agronome, agropastoral, ainsi que dans l’acre et le germanique acker, champ. Le terme englobe souvent l’ensemble des activités associées, élevage compris.

agropastoral, mode d’exploitation des terres associant culture des champs et élevages.

aigue, eau, du latin aqua; très fréquent dans des noms de lieux et de cours d’eau; cf. Aigues-Mortes, Aiguesvives, Aigues-Juntes, l’Aigoual; s’écrit aussi aygue; v. eve. Aigal, Agau désignent des canaux.

aiguille, sommet ou relief particulièrement pointu en hauteur : Aiguille du Grand Dru (3 754 m) à Chamonix, l’Aiguille comme îlot dressé à Étretat.

aire, surface en général, et le terrain d’une ferme ou d’un groupe de maisons; l’airial dans les Landes est une clairière de hameau; toponymes en Aire, Aireau, Airon, Eyrollles… La géographie étudie diverses sortes d’aires: aire d’attraction, de diffusion, culturelles, etc.

aire d’attraction, étendue sur laquelle s’exerce l’attraction d’un centre; elle se mesure au nombre d’habitants et d’entreprises venus d’ailleurs pour y résider ou y travailler (v. navette), à l’étendue et à la quantité des biens et services qu’elle draine et consomme, des touristes et visiteurs; v. chalandise (aire de). On peut définir une limite d’attraction là où l’attraction d’une ville proche l’emporte; on peut ainsi évaluer son rayon d’attraction; v. lieux centraux. L’attraction peut se traduire aussi par la formation de couronnes différenciées (v. auréole)

airial, v. aire

aîtres, tout ou partie d’une habitation, de ses dépendances, de son terrain; du latin atrium; s’écrit parfois être.

aix, toponyme dérivé de aqua (eau), parfois sous la forme ax, et adopté comme toponyme par diverses stations d’eaux minérales et thermales, dont les redondants Aix-les-Bains, Ax-les-Thermes, aussi Dax.

albedo, pouvoir de réfraction solaire par une surface, maximal quand elle est blanche. La réduction de la banquise par le réchauffement diminue l’albedo des régions polaires et donc y accroît l’effet de réchauffement.

aliénation, rupture d’un lien; un espace aliéné est comme sorti du monde ordinaire, par appropriation légale ou illégale, par l’armée, par un statut particulier, la répression, la rébellion ou la guerre; v. antimonde, camp, Goulag, irrédentisme, réserve.

alios, induration d’un sol par des concrétions ferrugineuses, dans les sables des Landes.

alizé, vent régulier des zones intertropicales, soufflant d’est en ouest en lien avec la rotation de la Terre; v. bas et haut. En anglais trade winds, les vents du commerce maritime.

allée, voie de circulation large, souvent arborée; s’emploie aussi pour de simples rues ou avenues à des fins de prestige, ou selon un passé réel d’allée; v. drève.

alleu, jadis terre libre de droits seigneuriaux et transmissible par héritage; nombreux toponymes en Alleu, Allod, Alleuf, voire Allœuf, Arleux, Allouis, Les Alluets, Laleuf, Lalo.

alluvion, terrain argileux, sableux ou caillouteux, sédiment déposé par un cours d’eau, v. delta, éluvion, illuvion, terrasse.

alpage, v. alpe

alpe, pâturage de montagne, en principe au-delà de l’étage forestier; syn. alpage. L’origine du nom, qui s’est étendu à tout le massif montagneux des Alpes, est inconnue, discutée entre le haut (alt) et le blanc ou lumineux (alb). Nombreux toponymes; v. aussi aspe.

altitude, hauteur d’un lieu au-dessus du niveau moyen des mers. Elle tend à s’abaisser quand ce niveau marin monte, ou si les calottes de glace et névés des sommets perdent de l’épaisseur par fusion, comme au Mont Blanc (4 807 m en 1863, 4 805,6 m actuellement).

aménagement, modification de l’espace géographique destinée à améliorer son accès, ses performances, ses modes de vie. L’aménagement du territoire implique une vision d’ensemble des difficultés, des besoins et des moyens financiers; il a été une préoccupation soutenue des années 1960 à 1990 (v. DATAR), moins présent ensuite, voire hors sujet, en raison de la montée du néolibéralisme.

amendement, modification d’un sol par l’adjonction d’éléments de nature complémentaire: de la chaux pour des argiles, des marnes pour un terrain calcaire ou siliceux.

amer, repère sur un littoral en vue de guider la navigation, en général un accident du relief facile à repérer, ou une construction durable.

américain, d’Amérique. Par abus, est appliqué à ce qui relève des seuls États-Unis d’Amérique (USA), pour lesquels il vaut mieux employer étatsunien.

amour, v. bois d’amour

amphithéâtre, à l’origine, salle de spectacle circulaire ou ovale à gradins; puis construction semi-circulaire à gradins devant scène ou chaire ou tribune sur le diamètre: syn. hémicycle. Par image, relief semi-circulaire, en tête de vallée, parfois nommé cirque.

ancize, v. incision

âne, animal bien présent en toponymie comme bête de bât (divers Pont aux Ânes) et pour évoquer des formes bossues (dos d’âne); se dit aze en occitan où Esquine d’Aze désigne une crête, une échine.

anglade, prairie humide de bords d’eaux; divers toponymes dont Anglet, Les Angles, Ahgles, Anglès, sans aucun rapport avec des Anglais ni quelque chose d’anguleux; racine possible ank, angle mais au sens de fond de vallée.

angle, v. anglade

angoisse, v. défilé

anse, courbe, inflexion peu profonde d’une rive ou d’un rivage.

antécédence, disposition d’un réseau hydrographique antérieur à un mouvement tectonique assez lent pour permettre aux cours de conserver leur tracé malgré l’apparition éventuelle de bombements et de roches dures sous-jacentes, comme le Rhin dans le Massif Schisteux rhénan; v. épigénie.

anthropocène, période récente supposée de l’échelle géologique, qui aurait débuté autour de 1850 et succédé ainsi à l’Holocène, selon la proposition faite à partir de 1995 par le chimiste néerlandais P.J. Crutzen (1933-2021), v. «Geology of Mankind», Nature 2002. Elle serait liée à l’industrialisation, et se distinguerait par lerôle des activités humaines sur le climat et sur l’écorce terrestre (mines, forages, pollutions, déchets, plastiques, taux de carbone issu des énergies fossiles). Le terme n’est pas officiel en géologie.

anthropologie, science des êtres humains dans leur origine, leur vie quotidienne et sociale; v. ethnologie.

anticlinal, pli en relief de couches sédimentaires, dont les pentes s’opposent à partir de la crête; inverse de synclinal. Il peut donner des reliefs où l’érosion creuse des formes caractéristiques (v. combe, cluse, crêt, mont).

anticyclone, masse d’air en haute pression, émettant des vents centrifuges déviés dans le sens horaire dans l’hémisphère nord, antihoraire au sud. Aux anticyclones polaires s’ajoutent des anticyclones subtropicaux dus à la convergence des flux.

antimonde, ensemble d’activités et d’équipements se situant hors la loi commune. S’y trouvent des espaces de dérogations, exemptions et privilèges (zone franche, paradis), de protection (réserve naturelle), d’abris et secrets (base militaire, camp militaire), d’activités criminelles (banditisme, narcosphère), d’enfermement (prison, camp d’internement), de sédition (maquis, irrédentisme), voire d’activités discrètes plus anodines (bois d’amour, porte-respect). Certaines de ces composantes sont parfaitement légales, voire créées par les États, d’autres sont illégales, toutes servent à leur façon à la reproduction du Monde et de l’humanité. Le concept a été proposé en 1990 par R. Brunet p. 189 du volume Mondes nouveaux de la Géographie Universelle, et développé dans Les Mots de la Géographie (1992) et Le Déchiffrement du Monde (Belin-Humensis, coll. de poche Alpha, 2017); il a fait l’objet de diverses études et publications comme la thèse de R. Cruse, L’Antimonde caribéen entre l’Amérique et le Monde, 2009, 714 p., publiée en 2014 sous le titre Géographie populaire de la Caraïbe).

antipode, point de la surface terrestre opposé à un autre sur une diagonale passant par le centre du globe. L’antipode de Paris est aux îles Chatham, à l’est de la Nouvelle-Zélande.

antre, v. caverne

apogée, ce qui est «au-dessus de la Terre»: point le plus haut de l’orbite d’un satellite, d’une trajectoire, et par image d’une progression, d’une carrière; syn. faîte; v. périgée.

appropriation, mainmise sur un territoire, par achat, legs, ruse, rapt ou guerre; v. aliénation, colonie. La Russie de Poutine s’est approprié la Crimée en 2014 sans grande réaction des États européens, ce qui l’a encouragée à chercher à s’approprier l’Ukraine entière par la guerre à partir de 2022.

aqueduc, conduite d’eau artificielle créée pour les besoins d’une ville ou de l’irrigation. Certains aqueducs sont souterrains, d’autres en canal à l’air libre, ou mixtes. Ils franchissent vallons et cours d’eaux soit en pont-canal, soitsouterrainement en siphon; certains ont besoin de stations de pompage, de réservoirs. L’aqueduc de l’Avre (1893), qui alimente Paris, a 105 km de long depuis Rueil-la-Gadelière 28. Le Pont du Gard est le plus célèbre pont-aqueduc du Monde; d’origine romaine (Ier siècle de notre ère), haut de 48 m, il a 275 m de long; il permettait à un ancien aqueduc d’Uzès à Nîmes de traverser le Gardon.

ar, racine pour roche, rochers, très fréquente dans le Sud-Ouest: Arrens, Arreau, Aran, Arette…; v. gar.

aragne, épineux (d’un arn vascon), nom régional du prunellier au Sud-Ouest; a donné de nombreux noms en Aragnou, Aragnouet, Arnéguy, Arnac.

arc, tronçon de courbe. L’arc est présent en géographie sous la forme de montagne allongée et incurvée (Arc alpin, Arc des Carpates), de rebord de plateau (côtes de l’Île-de-France, de la Champagne, des Bars), de littoral, de cours d’eau. De faible dimension, il apparaît en anse, en arche ou en croissant. Un arc de trioomphe et un arche.

arche, forme de relief enjambant une rivière, comme à Pont-d’Arc sur l’Ardèche, ou construction à voûte.

archéen, la plus ancienne des ères géologiques, de la naissance de la Terre (-3 500 à 3 800 M d’années) à l’ère primaire (-540 M); la vie y est apparue, les mouvements des plaques ont participé à l’orogenèse. Les terrains archéens font partie du socle; prononcer arkéen.

archipel, groupe d’îles formant un ensemble naturel (les Glénan, Lérins, les îles Anglo-Normandes, les Malouines, Hawaï), politique (Grande-Bretagne) ou les deux (Mayotte, Maldives, Japon, Nouvelle-Zélande).

architecture, art et science de la construction; du grec teekton, construction, dont vient aussi la tectonique. Désigne aussi la structure d’une œuvre: architecture d’un texte, d’un roman, d’une bâtisse, voire d’une ville.

arène, autre nom du sable; adj.: arénacé, employé pour des reliefs de sables (v. dune, erg). Par extension, a désigné des terrains de jeux à sol sableux, puis par métaphore des enclos circulaires et des lieux de combats réels ou virtuels, comme un hémicycle parlementaire.

argent, métal, très recherché, devenu synonyme de moyens financiers, de richesse. Nombreux toponymes en Argent, Argenton, Largentière, liés à d’anciennes mines.

argile, roche sédimentaire siliceuse tendre, plastique, imperméable et modelable; elle sert notamment à la poterie. Noms en Argeliers, Argelas, mais en concurrence avec des épineux qui ont donné des Argelès et Ardille.

aride, sec, dépourvu d’eau ou manquant d’eau; par extension, difficile (une lecture aride). Une zone aride se situe à hauteur des tropiques. On évoque des pays ou terres arides, où l’agriculture et l’élevage sont difficiles, et des pays semi-arides en fonction du rapport entre précipitations et températures.

arpent, ancienne unité de longueur puis surtout de surface, variable selon les régions, autour de 40 ares (25 à 51 ares); l’acre anglais lui correspond sensiblement. Au sens large contemporain, petite superficie: ils ont quelques arpents de vignes. Du gaulois puis latin arepennis, longueur d’un sillon d’araire (environ 200 m). A donné arpenter au sens de marcher ça et là en allers et retours, et arpenteur comme géomètre de terrain.

arrachis, défrichement, avec déboisement et des noms en Arrachée, Rachée, Rachis, Rajat, Arricau, Darrigade.

arrière-pays, espace considéré comme dépendant ou tributaire d’une métropole ou d’un port (v. hinterland); le Lauragais est un arrière-pays de Toulouse.

arrondissement, première division du département dans l’organisation territoriale révolutionnaire de la France, avec à sa tête une sous-préfecture ou une préfecture. Le terme s’est ensuite appliqué aux divisions de Paris, puis de Marseille et Lyon, avec à leur tête une mairie.

arsenal, grand établissement ou complexe de construction navale, puis de fabrication et stockage d’armes et munitions; d’un mot arabe pour atelier, comme la darse.

artésien, puits de fond de vallée alimenté en permanence par des nappes phréatiques captives des versants et plateaux; le phénomène a été repéré en Artois, mais il était connu de l’Orient antique; Tours a été alimentée en eau potable dès les années 1830 par des forages artésiens.

artigue, terrain défriché par brûlis; de la racine ars, comme ardent. Nombreux toponymes dont Lartigue, Artigut, Artigueneuve, Ars, Arsine, Arcy; syn. usclade.

ascle, v. osque

aspe, terme fréquent en montagne pour désigner des pacages d’altitude en milieu rocheux. Il est voisin d’alpe et prend des de formes comme aup et arp en toponymie: Aspet, Asasp, Aspin, Astau, Astazou, Aups, Arpettaz.

aspre, relief accidenté, surtout dans le Midi; voisin de âpre et aspérité, il désigne une contrée au pied des Pyrénées orientales (les Aspres) et divers villages comme Aspres-sur-Buëch 05, Aspres 66, Apremont 85.

assolement, rotation annuelle des cultures sur un finage divisé en soles. Il est le plus souvent triennal mais a longtemps été biennal dans le Midi. (v. campagne, sole).

astéroïde, v. météorite

astre, corps céleste lumineux ou réfléchissant la lumière, de l’IE ster, étoile; leur connaissance rationnelle est l’objet de l’astronomie; leur interprétation irraisonnée et fantaisiste est (mal) nommée astrologie ; v. constellation, zodiaque.

astroblème, ancien cratère creusé à la surface de la Terre par la chute d’une météorite; mot créé en 1963 par le géologue états-unien R. Dietz. Celui de Pressignac (Charente), juste à l’ouest de Rochechouart, a laissé un impact visible de 20 km de diamètre dont on voit quelques restes du contour du cratère en forme de talus, et des brèches d’impact; celui-ci a été évalué à 200 millions d’années, par la chute d’un bloc de 1 500 m de diamètre arrivant à 72 000 km/h… En 2008 a été créée la Réserve naturelle de l’Astroblème de Rochechouart-Chassenon, sur 50 000 ha, avec une Maison à Rochechouart. L’astroblème de Manicouagan au Québec, le plus grand du Monde discernable, a un diamètre de 85 km. Celui de Chicxulub au Yucatan est de même envergure et l’impact est réputé avoir créé un tsunami mondial voici près de 70 M d’années.

astrolabe, instrument ancien permettant de s’orienter et de se repérer par rapport aux étoiles visées. Quatre navires ont porté ce nom: l’Astrolabe de de la circumnavigation de La Pérouse (1781-1788, en compagnie de la Boussole), celui de Dumont d’Urville (1826-1852) qui découvrit la Terre Adélie en 1840, un navire polaire desservant les Terres Australes et Antarctiques de 1987 à 2017, remplacé aussitôt par un nouveau brise-glace du même nom.

astrologie, v. astre

astronomie, v. astre

atlas, réunion de cartes géographiques en un ou plusieurs volumes (14 pour l’Atlas de France RECLUS, 1994-1997). Il existe de nombreux atlas scolaires et la DATAR et le CNRS avaient soutenu la création d’atlas régionaux dans les années 1960 et 1970. Il existe aussi des atlas historiques, voire du ciel, dont C. Grataloup s’est fait une spécialité. Le terme, tiré d’un géant de la mythologie grecque censé porter la Terre sur ses épaules, sert parfois aussi pour des ouvrages avec texte, cartes et autres images (R. Brunet, Atlas de la Touraine, Atlas de Berry). Atlas est le nom de montagnes d’Afrique du Nord.

atmosphère, couche d’air enveloppant la Terre (du grec atmos, vapeur d’eau) sur une hauteur moyenne d’environ 600 km, entre le sol et l’exosphère (parfois considérée comme partie supérieure de l’atmosphère mais allant jusqu’à l’infini…) au-delà de la thermopause. Elle est divisée entre troposphère (environ 6 à 9 km d’épaisseur) et stratosphère séparées par la tropopause; au-delà on distingue encore mésosphère (entre 50 et 100 km en moyenne) et thermosphère ( 100 km à 600). Elle est le milieu de tous les êtres vivants, des nuages et des vents, des cyclones et anticyclones. Sa teneur en carbone, gaz et particules, accrue sensiblement depuis l’industrialisation et la forte croissance de la population humaine, et devenue un souci majeur, et au moins en partie une cause du réchauffement climatique.

atoll, île formée par la croissance de coraux dans mers chaudes; le terme vient des Maldives. L’atoll simple a une forme arrondie, la barrière corallienne enserrant un lagon, assorti ou non d’une passe. Mais nombre datolls se sont formés autour d’une île rocheuse préexistante, souvent d’origine volcanique, qui peut pointer en son sein. Les variations d’altitude de ces supports provoquent une grande variété de formes, et la submersion de certains atolls.

attegia, terme celte désignant un groupe cabanes ou huttes; tegia vient d’un vieux radical teg pour abri, couverture, dont viennent le toit et la tuile, ate signifiait plusieurs ou beaucoup. Il est à l’origine de nombreux toponymes en Athée, Athis.

attraction, force exercée par une masse sur son environnement. L’attraction terrestre est à l’origine de la gravité et donc de toutes les formes d’écoulements, chutes, glissements, éboulements et effondrements. Elle guide le parcours des satellites, un seul naturel avant les années 1950 (la Lune), plus de 10 000 satellites de création humaine depuis le Spoutnik russe de 1957. V. aire d’attraction.

au, suffixe de nombreux tooponymes alsaciens désignant un pré, comme Haguenau (avec forêt), Breitenau (large), Wimenau (avec osier); v. matt.

aube, du latin alba, évoque le blanc. La racine apparaît dans de très nombreux toponymes comme Aubeterre, Auberive, Aubepierre, Terraube, Montauban où elle est liée à la couleur des sols ou des roches calcaires. V. aussi aubue.

aubue, sol de couleur très claire, d’alba, blanc. Il entre en toponymie (Les Aubues, Aubuis) et a donné lieu à des déformations surprenantes, comme en Touraine Herbues, Eaux Bues, Hauts Bœufs, Hauts Buts et même Obus (S. Gendron).

auge, vallée en auge, forme de vallée à versants raides et fond plat, caractéristique d’anciennes vallées glaciaires dégagées et en partie remblayées après la déglaciation.

aulne, arbre commun des sols plutôt humides et frais, à l’origine de quantité de noms de lieux et de personnes en Aulnay, Aulnois, Delaunay, etc. La forme méridionale est le verne, avec de nombreux noms en Vernet, Vernière, Verneuil, Vergne, Lavergne, Bernède, Bernadet, Bernos…

auréole, espace en couronne autour d’un centre d’attraction. On peut distinguer des auréoles urbaines: selon l’habitat (v. faubourg, barri, banlieue) , les implantations gourmandes en espace (usine, stade, etc.), les cultures (v. maraîchage), le peuplement (v. périurbain). L’espace rural peut être également organisé en auréoles autour des villages groupés, une tendance forte étant de disposer à proximité les cultures délicates, exigeantes en travail et convoitées, à l’extérieur les aires de moindre valeur et moindre travail (prés, pacages, friches, bois).

autan, vent de la région toulousaine, en général plutôt chaud et sec, venant des hauteurs (racine alt) et ainsi de type foehn, mais dévié dans le sens est-ouest par les reliefs.

authentique, adjectif souvent employé avec complaisance pour qualifier un produit, voire un paysage, un habitat, de longue tradition locale, du cru.

autochtone, né sur place. Le mot s’applique à certains peuples. Il est exactement formé comme indigène mais en grec, et considéré de nos jours comme moins péjoratif…; v. aussi aborigène.

autoroute, voie rapide pour automobiles (d’où auto-) à circulations séparées et accès aménagés, éventuellement à péage. Le mot est apparu en 1927 mais très peu utilisé, on a d’abord parlé d’autostrades selon le terme italien, pionnier en la matière, depuis 1924. La France n’a connu sa première autoroute qu’en 1946 (Saint-Cloud-Orgeval, 21 km); elle a environ 12 000 km d’autoroutes en 2025; les premières, radiales parisiennes, portent des numéros de 1 à 20 calqués sur ceux des grandes routes nationales historiques. Le premier grand axe, de Lille à Marseille par Paris, est de 1970.

avalanche, chute soudaine de masses de neige en montagne; quelques noms en Lavanche. Au sens figuré, grande quantité de choses néfastes qui se manifestent: une avalanche de soucis, d’injures.

avant-port, port ou installations portuaires situés en aval du port principal, en bord de mer quand le principal est dans un estuaire: ex. Le Verdon pour Bordeaux, Saint-Nazaire pour Nantes, Le Havre pour Rouen ou même Paris. Il permet le déchargement des navires de très fort tonnage, la construction navale, etc.

avaveline, 1. ancien nom d’un bois de noisetiers (coudraie) du latin avellana: noms en Avellans, Lavelanet, Aulagne, Aulagnier.
2. pommeraie, du celtique aballo (cf. apple anglais, Apfel allemand); outre le Mont des Avaloirs en plein pays de pommeraies, point culminant de l’Ouest, nombreux lieux en Avallon, Avelines, Availles, Vallères 37, Auppegard 76, Avoudrey 25.

aven, puits naturel profond en pays calcaire (v. karst); répandu dans les Grands Causses, il est devenu en France un terme générique; son origine est occitane et équivaut à gouffre; la racine av, ev, vient de l’eau.

avenue, voie urbaine large et droite, en général avec habitat de prestige.

ax, v. aix

axe, alignement structurant de l’espace géographique: certaines voies à grand trafic, des alignements urbains. L’axe de la Terre est le diamètre joignant les deux pôles, autour duquel tourne le globe. Au sens figuré, entente entre deux ou plusieurs États.

aygue, v. aigue

aze, v. âne

azimut, direction de l’espace, angle formé par le méridien d’un lieu de référence et le méridien du lieu observé, mesuré de 1 à 360°; le terme est d’origine arabe Tous azimuts, dans toutes les directions.