Dicogéo
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A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z |
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gabelle, ancien impôt sur le sel, d’un arabe qabala, impôt, le douanier y recevant le surnom de gabelou; toponymes Gabelle, Cintegabelle, Chemin des Gabelous… gache, endroit d’où l’on guette, de l’occitan agachar, regarder; quelques toponymes. gagnerie, défrichement de terre nouvelle, avec l’idée d’extension; toponymes en Gaignerie, Gadagne, Gazagne. galant, empressé, cherchant à plaire; plusieurs Bois Galant, Pré Galant; v. bois d’amour. galerie, couloir couvert; jadis porche d’église (le mot viendrait de la Galilée); galerie de mine, galerie souterraine pour le passage de conduites; aussi lieu d’exposition et de vente d’œuvres d’art, de marchandises (Galeries Lafayette); parties latérales d’un théâtre. Le karst a aussi ses galeries souterraines, pouvant relier des grottes. galerne, vent humide d’ouest; présent en toponymie de Loire en Bretagne: du breton gwalarn, nord-ouest. gar, variante du ar désignant des rochers, très présente dans les toponymes pyrénéens et gascons: Garonne, pic du Gar, Garos, Garreaux… garde, 1. lieu de défense, ou de guet (v. gache), garder et regarder étant très liés: La Garde-Freinet, La Garde-Guérin, La Gardelle, Gardiole, Warde… garenne, étendue de terrain réservée (v. défens), de garer, garder (ward), en particulier pour la chasse, surtout aux lapins; v. varenne. garg, racine celte au sens de sauvage, qui apparaît dans des toponymes comme Gargas, Gargilesse, Garganvillar, Gargenville, Gergueil, Jargeau; mais peut se confondre avec l’idée de gorge. garnison, lieu d’accueil de militaires, d’un corps de troupe; son effectif compte beaucoup dans une ville de garnison. garrigue, étendue inculte peuplée d’arbustes adaptés aux terrains calcaires (v. maquis). Le nom vient du garric, le chêne kermès, à feuilles dures et piquantes; il voisine avec des cistes, genévriers (v. cade), ajoncs… Nombreux noms en Garrigues, Garrigou, Garric, Garrissade, Jarrige, Jarie… gâtine, paysage à demi fermé, arboré, peu peuplé, s’opposant à la fois à la champagne et au bocage; vient de wast, désert. Nombreux noms de contrées et de lieux-dits en Gâtine, Gâtinais, Gastine, Watine, voire Pays Gât; mais Gât s’emploie aussi pour les marais salants abandonnés (Marais Gât). gault, autre nom pour forêt, de même étymologie que wald (IE widhu); toponymes en Gault, Gaut, Gaudines, Wald. gavache, désigne dans une partie du Midi un montagnard, un étranger voisin, quelqu’un qui parle de la gorge (gab) sans rouler les r; quelques noms, dont plusieurs La Gavacherie. S’écrit aussi gavot, comme le Pays Gavot près d’Évian. gave, torrent dans les Pyrénées; le nom est en rapport avec les gorges (gab). gazaille, ancien bail par lequel un propriétaire confiait son troupeau à un éleveur qui gardait pour lui tout ou partie des produits, dont le fumier; noms en Gazauille, Gazaillan, Gazagne, Gazaillas, surtout dans le Sud-Ouest. gene, ancien radical IE, avec idée de création, naissance. D’une très grande fécondité puisqu’en dérivent tous les mots en gène ou géné (gène, oxygène, hydrogène, orogène, homogène et hétérogène et jusqu’à anxiogène), ainsi que genèse, pédogenèse, morphogenèse, ontogenèse, généalogie, génétique, génération; et même genre, plus tous les noms autour de naissance ou renaissance et natalité, nation, nature. genêt, plante des landes et sous-bois, très féconde en toponymes comme Gineste, Ginestas, Ginestous, Gestas, Genouillac, Genouille. genévrier, plante de la garrigue; a donné des Genevroy, Gimbrède, Janvry; v. cade. génocide, massacre organisé d’une ethnie, d’un peuple entier, comme celui des Juifs par l’Allemagne nazie, ou celui des Tutsi par les Hutu au Rwanda en 1994. Des accusations de génocide sont formulées à propos de divers peuples d’Orient et d’Asie (Arméniens, Kurdes, Palestiniens, Ouigours…). genre, euphémisme à l’anglaise (gender) pour sexe (féminin, masculin), devenu plus complet et subtil avec l’apparition de la formule LGBT (Lesbian Gay Bisexual Transgender) en 1969, lequel a été diversement allongé et compliqué depuis. L’adjectif genré a été créé à l’occasion pour des textes ou propos tenant compte des différences entre sexes (statuts, revenus…). Le genre a fait son entrée en géographie dans années 1990, avec l’analyse du rôle des femmes dans l’enseignement et la recherche, des comportements nationaux et régionaux, l’homosexualité et les mouvements associés, les lois sur l’avortement… genre de vie, notion un peu ancienne de la géographie, distinguant d’abord entre sédentaires et nomades, puis selon les professions, l’éducation, l’alimentation, etc. gentryfication, v. embourgeoisement géo, radical ayant trait à la Terre comme planète habitée; v. Monde. Son origine lointaine (IE ge) n’est pas connue; les Grecs évoquaient une déesse Gaia, devenue Tellus chez les Romains (v. tellurique). En viennent plusieurs sciences ou pratiques: géodésie, géographie, géologie, géométrie, géomorphologie, géopolitique. Geoconfluences, site d’information en géographie à l’intention des enseignants, créé en 2003 par l’institution ministérielle Eduscol et l’ENS de Lyon; il offre de nombreuses ressources, dont un Glossaire; https://geoconfluences.ens-lyon.fr. géodésie, mesure de la Terre comme corps céleste, dans ses dimensions et représentations. géographie, science de la production et de l’organisation de l’espace terrestre, l’interaction entre activités humaines et configurations naturelles. Elle vise fondamentalement à répondre à la question «comment et pourquoi est-ce là comme ça ? », et si possible «vers où ça va ?». Les conjonctions où, y, là, ici lui sont essentielles. Elle a ainsi affaire au lieu, au chorème, au géon, au territoire, à l’aire d’attraction, au champ, au réseau, à leur peuplement, leur écologie, leur dynamique — et leurs noms. V. espace géographique, toponymie. géographie appliquée, travail de recherche de géographes en liaison avec l’aménagement du territoire et la demande d’institutions ou d’entreprises sur la connaissance des territoires, en vue de l’action. Le géographe constate, analyse, mesure, compare, tire des conclusions, si possible des recommandations; mais ne décide pas. géographie politique, étude des actions politiques sur le territoire d’un État et de ses villes et régions, sur les différenciations socio-spatiales de comportements politiques (dont la gépgraphie électorale). géographie sociale, domaine de recherche portant sur les relations entre espace et société, entre structures et différnces spatiales et structures et différences sociales; à bien des égards, l’expression est tautologique, la géographie étudiant l’espace des sociétés, mais elle a pu avoir un sens militant en insistant sur social ; v. ségrégation, espace vécu, territoire. géolocalisation, fourniture de données de localisation par un satellite artificiel, éventuellement complétée par des reconnaissances et prises de vue au sol; v. GPS. géologie, science des roches et accidents de l’écorce terrestre. Elle a pour institution le BRGM, qui dresse et met à jour la carte géologique de la France, accessible sur la site Géoportail. V. échelle géologique. géomorphologie, état des formes du relief, et leur science, qui s’étend à l’étude des processus et de leurs conséquences; elle peut ainsi participer à la géographie appliquée. géon, unité spatiale cohérente, née de la composition des champs et des processus géographiques; v. pays, région, contrée, territoire, réseau. Terme proposé par R. Brunet en 1981. Geopolitik, concept apparu chez Leibnitz et repris par le Suédois Kjellen en 1905, et surtout exploité par le général allemand Karl Haushofer (1869-1946) après 1918, préoccupé par la politique territoriale de l’Allemagne. Haushofer a créé un Institut de Géopolitique et le Zeitschrift dür Geopolitik (1924); il y reprit les concepts de F. Ratzel sur l’espace vital et soutint par là les politiques impérialistes d’Hitler et des nazis. Le nazisme s’en est volontiers servi. Déconsidérée après 1945 sauf dans quelques milieux militaires (le général putchiste chilien Pinochet l’enseignait), la doctrine tend à ressurgir au XXIe siècle; v. géopolitique. géopolitique, 1. Géoportail, site Internet gratuit de l’Institut Géographique National (IGN) sur les cartes de France, d’une extrême richesse, comportant les cartes topographiques à toutes échelles et permettant des mesures de distance et de superficie,des calculs d’itinéraires; plus les cartes de Cassini et les cartes géologiques, des cartes de randonnées, et ouvert à des travaux personnels. géostationnaire, satellite artificiel qui se maintient en permanence au-dessus d’un point de la surface terrestre; sert notamment à la géolocalisation; v. défilement. géothermie, recours au pompage d’eaux profondes en vue du chauffage ou du refroidissement de grands bâtiments ou de villes; certains forages atteignent - 5 000 m. ger, pacage d’altitude dans les Pyrénées, lié au gar des rochers comme dans le cas de l’aspe; plusieurs Ger, Col de Ger, Pic de Ger. geyser, jaillissement d’eau chaude souterraine en pays volcanique, régulier ou par intermittence; d’après le Geyser éponyme d’Islande (IE gheu, verser). GIEC, Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat, organisation créée en 1988 et associant une centaine d’États. Il réunit des scientifiques et des représentants des États membres, et publie des rapports sur les situations climatiques dans le Monde. Son siège est à Genève, dans le bâtiment de l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) qui fut à l’origine de sa création. Il a notamment alerté sur l’augmentation du taux d’oxyde de carbone et d’autres gaz «à effet de serre» dans l’atmosphère, due en grande partie à l’emploi massif d’énergies fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon). gisement, «ce qui gît»: volume de ressources localisées en sous-sol: gisement de pétrole, de houille, d’or, d’uranium… gîte, habitat d’animaux sauvages, ou bien habitation d’accueil, de refuge ou d’étape. glaciation, période froide du Quaternaire durant laquelle les glaciers se sont étendus et le niveau des mers a baissé. Quatre glaciations principales ont été séparées par des périodes interglaciaires plus chaudes; elles ont été nommées d’après des rivières d’Allemangne que l’inlandsis avait atteintes: Günz (max. vers - 540 000 ans), Mindel (- 430 000), Riss (- 180 000) et Würm (- 40 000). Les causes de ces successions restent discutées: variations du rayonnement solaire, de l’orbite terrestre ou de l’écliptique, voire mouvements géologiques et volcaniques… Des traces d’autres glaciations plus anciennes ont été repérées. glacier, masse de glace perchée en coupole au sommet d’une montagne (Mont Blanc), sur de hauts replats montagneux (Selh de la Baque en Haute-Garonne), ou occupant des cirques et de hautes vallées (Mer de Glace à Chamonix). La masse glaciaire a un comportement plus ou moins plastique: un glacier de vallée migre vers l’aval. La rimaye est un fossé qui sépare la glace des parois rocheuses. Les débris rocheux s’entassent en moraine: de surface, latérale, frontale et de fond. L’érosion glaciaire peut surcreuser un cirque, des parties d’une vallée, laissant ainsi des lacs après la fonte. Un glacier étendu en région polaire est un inlandsis. L’iceberg est un bloc de glace détaché d’un front glaciaire avançant en mer. glacière, cavité, grotte assez fraîche pour être utilisée jadis à conserver des aliments en été; nombreux lieux-dits. glacis, pente douce et plate, dans la nature ou aménagé au pied de fortifications; au sens large, espace de protection peu occupé, comme mongtemps la Champagne pour Paris. glane, ancien droit accordé aux vilain, autorisant le ramassage des restes d’épis, des glands, des châtaignes, des petits bois morts. Nombreux noms en Glane, Glandée, Glandage, Glannerie. glèbe, terre cultivée (latin gleba, motte de terre): les serfs étaient «attachés à la glèbe» qu’ils devaient cultiver et ne pouvaient donc pas fuir. glen, nom celtique pour vallée; noms en Glénan, Glénat, Glénouze. glière, plateau ou glacis à graviers en Savoie (Plateau des Glières). glissement, v. foirage global, anglais pour mondial, comme dans Sud Global, ou dans GPS: source inutile de confusions quand il est employé en français. globe, la Terre comme planète;elle est sphérique, et pourtant la géodésie lui a trouvé une largeur (latitude) et une longueur (longitude) de mêmes dimensions… Un globe terrestre est une représentation de la Terre en trois dimensions, avec le dessin de ses continents, océans, États, des méridiens et des parallèles. Précieux outil pédagogique, il tourne sur l’axe des pôles et donne une image plus riche et moins déformée qu’une mappemonde ou un planisphère, mais ne peut être qu’à très petite échelle: 20 à 40 cm pour 12 730 km (diamètre de la Terre), soit environ 1: 40 000 000. gneiss, roche métamorphique stratifiée mais résistante, composée de quartz, feldspath et mica comme le granite; terme d’origine allemande. golfe, échancrure d’un littoral; en principe, il est plus large et plus profond qu’une baie: golfe de Gascogne, de Botnie, «le Golfe» tout court entre Arabie et Iran. Mais en Méditerranée on nomme golfe de simples baies ou rades (Golfe Juan à Vallauris ou golfe de la Napoule à Cannes), des anfractuosités encaissées du littoral (golfe de Saint-Tropez). gorce, ensemble de buissons, de fourrés; nombreux noms en Gorse, Lagorce, Gorcy dans le Centre de la France. gorge, vallée profonde et étroite: Gorges du Tarn, du Verdon, de la Sioule…: noms en Gourgue, Gargas, Gargante; v. garg. gouffre, trou profond, surtout en pays de karst: Gouffre de Padirac, Gouffre d’Enfer à La Chaux-de-Larboust 31, Gouffre du Diable à Vieu 01; parfois avec le nom de leur premier explorateur: Gouffre Berger à Engins 38, Gouffre Lépineux à Arette 64. gouille, lieu boueux, avec des noms comme Goille, Gouillat, Gouillou, Gouyat, Gadouille. Goulag, système pénitentiaire de l’ancienne Union Soviétique, prolongé après 1989 et comportant quantité de camps de travail forcé, aussi bien en Russie d’Europe qu’en Sibérie; le nom signifie Direction générale des Camps. Outre les exactions rapportées par de nombreux témoignages, il a pu être décrit comme le plus vaste fournisseur de main-d’œuvre intérimaire du Monde (R. Brunet, «Géographie du Goulag», L’Espace Géographique, 1981), les prisonniers pouvant être affectés selon les besoins à la construction de chaussées, de barrages, de voies de chemin de fer, à des travaux forestiers, miniers, industriels… goule, source ou ruisseau, dérivé de gueule, à l’origine de noms en Goule, Goulet, Gollet, Goulé, Guelle, Guiole, Laguiole… goulet, rétrécissement du cours d’un fleuve, d’un bras de mer, sortie d’un lac vers la mer (Goulet de Bizerte). goulot (d’étranglement), rétrécissement d’une voie, cause d’embouteillages. gourg, endroit où dévalent les eaux: cascade, gouffre, étang profond en montagne: les Gourgs Blancs à Loudenvielle 65; prend des formes en Gour, Gourp, Gourgue, Gourgouls. goutte, source et ruisseau, dans l’Est et le Centre; très nombreux noms, parfois en Goutelle, Gouttière, Ménilgoutte, Clairegoutte, Bonne Goutte… GPS, Global Positioning System, système de géolocalisation et de guidage par satellite artificiel; produit de l’armée étatsunienne, en service depuis 1993 et largement ouvert au civil, sous diverses marques. graben, terme allemand pour fossé d’effondrement en relief faillé; opposé au horst. grand ensemble, groupe de grands immeubles d’habitation (v. cité), souvent en quartier prioritaire. grand magasin, magasin polyvalent en ville, avec dominante d’habillement, apparu dans les années 1850 avec Le Bon Marché d’A. Boucicaut, évoqué par E. Zola dans Au Bonheur des Dames (1883). grand’place, place principale en centre de ville ou de bourg, souvent avec la mairie, attirant commerces et spectacles, certains bureaux, halle et arceaux; l’adjectif est élidé. grand’rue, rue principale d’un bourg ou d’une ville, avec les boutiques. grange, bâtiment agricole associé à la ferme, parfois isolé, destiné à entreposer du matériel, de la paille, du fourrage, etc.; à l’origine, du grain, comme le nom l’indique; ce fut souvent le cas de la grange dîmière, où étaient déposés les produits de la dîme, surtout pour les abbayes, comme la Grange de Meslay en banlieue de Tours, devenue un lieu de concerts. granite, roche éruptive grenue, très présente dans le socle; elle associe quartz, feldspath et mica; elle est très résistante mais se décompose sous climat chaud et humide, laissant des rochers en boules (v. chaos) et des buttes arrondies dites semi-oranges. Les géologues et géographes écrivent granite; granit est une forme littéraire dont le t doit s’entendre: on ne dit pas grani. grappe, forme d’habitat urbain juxtaposant toute une série de villes distinctes mais proches, comme dans certains bassins industriels, ou le long de fleuves. gras, surface caillouteuse, dont le Plateau des Gras en Ardèche; le nom est en rapport avec grave et gravier, non avec la graisse. gratte-ciel, nom naguère et parfois encore donné aux très hautes tours de logements et de bureaux qui ont changé la silhouette des grandes villes à partir des années 1880, en commençant par New-York et Chicago: il y fallait la maîtrise des structures métalliques, du béton, et de l’électricité pour les ascenseurs. Le nom, d’origine américaine (skyscraper), est apparu en 1884 à Chicago. Les plus hauts en France sont à la Défense à l’ouest de Paris, dépassant 200 m et 50 étages. Le plus haut immeuble du Monde est le Burj Khalifa à Dubaï, 828 m, 168 étages, très pointu, achevé en 2009. grau, exutoire de lagune vers la mer Méditerranée: Le Grau-du-Roi, le Grau d’Agde, le Grau de Vendres. grave, sols à graviers des terrasses garonnaises en Bordelais, et des vignes qu’elles portent. gravier, cailloutis, épandage de petits cailloux. gravitation, mouvement de la Terre et des planètes autour du Soleil, décrivant des orbites. gravité, attraction vers le centre de la Terre, provoquant les précipitations, l’écoulement des eaux terrestres et les chutes (v. éboulis, éboulement, foirage). grec, vent froid de nord-est en Corse, Provence et Languedoc.` grep, terre caillouteuse, avec des noms en Grépon, Grépi, Grépille. grès, roche grenue sédimentaire, de sables consolidés. L’érosion peut y sculpter des paysages ruiniformes; noms en Grès, Les Grès, Grésigne. grève, plage de sable en général: la Grande Grève à Roscoff, Plestin-les-Grèves qui a une Grève des Curés; l’étymologie désignait plutôt des plages de graviers, mais le terme s’est étendu. Les grèves des fleuves et rivières furent en ville des lieux d’échanges, de marchands, d’offre de travail, de rassemblements et manifestations: de là est venue la Place de Grève et finalement le nouveau sens de grève comme cessation concertée de travail. grèze, cailloutis en nappe sur des versants de vallées, dus à la fragmentation des calcaires sous l’effet des alternances de gel et dégel, surtout en Charentes. groie, ou terre de groie: argile brun rouge de décalcification avec cailloux calcaires; aussi Grou, Grouères. groin, par image du museau de porc, forme de relief émergente, de rocher: Pointe du Grouin à Cancale, le Grand Groin à Camaret, quelques formes en Grun, Gron; v. mourre. grotte, cavité dans la roche, surtout calcaire mais aussi dans le granite comme sur les côtes bretonnes. Les grottes peuvent communiquer par galeries, surtout dans le karst, où elles se parent de concrétions, dont des stalactites (qui tombent) et des stalagmites (qui montent). Beaucoup ont servi de refuges, aux époques glaciaires ou en temps de guerre, dont les guerres religieuses. Certaines sont ornées d’œuvres d’art, gravures ou peintures, pouvant remonter à 40 000 ans (Altamira, Lascaux…). Grottes et galeries sont des lieux de spéléologie (grec spelaion, grotte); v. esplugue. gruerie, ancienne perception de droits sur les coupes de bois vert, exercée par le gruyer; divers noms en Grueries, Gruère, Gruyère; viendrait d’un francique au sens de vert, cf germanique grün. Le gruyer s’est d’ailleurs nommé verdier en certains lieux. guano, dépôt formé par les fientes d’oiseaux: il est très exploité comme engrais et même exporté. gué, traversée de cours d’eau de faible profondeur, permettant le passage à pied ou en attelage; d’une racine nordique wat de même sens; nombreux toponymes en gué, gois, gua, vey, vez ou wez comme Renwez, Vœuil, Wé, Maranwez, Vadolio, Regniowez, Lanhoué, Les Veys, Voué, Auboué, Guiperreux, Latga, le Gois de Noirmoutier. Le celte rito a fourni de nombreux noms plus ou moins cachés: Le Gué-de-Longroi 28 est redondant, roi venant de rito; Roiville à Cerelles 37 vient de rito-villa, le hameau du gué (sur la Choisille). Niort 79 a été Novo Rito, Redon 35 Rito Dunum. La forme bretonne est Roudou, comme le Roudourou. guerche, lieu fortifié, du germanique werk, ouvrage; noms en Guerches, La Guierche, Garches, Guercheville, Guerchy. guéret, terre labourée non ensemencée, syn. de jachère, sombre; noms en Guéret, Garet, Garat, Garache, Garachou; de vervago, labouré. guerre, conflit armé entre deux ou plusieurs États; elle a aussi ses formes sournoises à travers propagande, subversions, cyberattaques… Guerre civile: entre fractions de la population d’un même pays; la France en a connu plusieurs: Armagnacs t Bourguigons (1407-1437), catholiques et protestants (surtout au XVIe siècle), républicains et vendéens (années 1790), résistants contre «collaborateurs» et miliciens (1940-1944). guet, lieu d’observation, de surveillance; noms en Guette, Guite, parfois la Gaîté par remotivation; v. gache. guinguette, lieu où l’on danse, en rapport avec la jambe; une centaine de noms; Bourg-Madame 66 fut la Guingueta d’Hix. guirlande, nom parfois employé pour évoquer des archipels étirés en arc de cercle dans le Pacifique. |