Dicogéo
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bac, bateau assurant la navette entre deux rives d’un cours d’eau, d’un estuaire, d’un détroit, une île et la terre ferme, ou deux ports assez proches. Le nom vient d’un latin baccus désignant à la fois un récipient (un bac) et un bateau à fond plat. Il devrait être employé en français au lieu de l’anglais ferry ; v. traversier. bach, nom germanique pour cours d’eau. Il est très fréquent sous diverses formes en toponymie: Forbach (des pins), Breitenbach (large), Dieffenbach (profond), Soulzbach (salé); aussi bacque ou becque: Bousbecque (bosquet), Morbecque (marais), Steenbecque (pierreux), Bacqueville; baix : Roubaix (roseau), Wambaix (maigre); bec: Caudebec (froid), Foulbec (boueux), Bricquebec (du mont), Bec-Hellouin sur la rivière Bec + le nom du fondateur de l’abbaye. bagatelle, nom d’une centaine de lieux-dits en France, inspirés par le château de la Folie d’Artois dans le Bois de Boulogne (1777), surnommé Bagatelle en raison de ses réceptions galantes. Le nom vient de l’italien où il évoquait la légèreté et les babioles de peu de valeur. baie, 1. échancrure d’un littoral, de large ouverture; vient de l’idée de béer bâiller. Il en est de toutes tailles: certaines sur des étangs, jusqu’à la Baie d’Hudson au Canada (ou le golfe de Gascogne, nommé Baie de Biscaye en anglais et en espagnol); v. golfe. Baïkonour, site du premier cosmodrome soviétique (1955), célèbre à ce titre et pour la tricherie qui plaçait la ville à fort grande distance de son emplacement réel sur les cartes d’origine soviétique; actuellement en Kazakhstan. baille, ancien français pour bâton, pieu, évoquant un enclos; toponymes en Baille, Baillet, Bailleul. bain, endroit où l’on se trempe dans l’eau pour se laver, nager, se soigner; nombreux toponymes comme Bagneux, Bagnols, Bagnoles, Bagnolet, Banyuls; les Bains a été ajouté à des toponymes, soit littoraux (Malo-les-Bains, Andernos-les-Bains), soit thermaux (Aix-les-Bains, Bains-les-Bains). V. aix. baisse, désigne parfois un col (toponymes en Baisse, Baissette, Beys), parfois un haut-fond en Camargue. balaguère, vent descendant, avec effet de foehn, des cimes pyrénéennes vers les vallées où il «balaie» la neige, d’où son nom. Il existe des toponymes pyrénéens Balaguer, Balagué, mais qui évoquent plutôt le genêt (balag), d’où vient d’ailleurs le nom du balai. balcon, rupture de pente avec replat et point de vue en montagne (Balcon du Belledonne en Isère, Balcon de Villard en Vercors) ou dans des gorges: Balcon de la Mescla dans les gorges du Verdon, du Vertige dans celles de la Jonte. ballon, métaphore pour des monts de forme arrondie, surtout dans Vosges (Ballon de Guebwiller, d’Alsace). balme, rocher avec abri, d’un vieux radical bau, désigne des abris sous roche, parfois des grottes; toponymes en baume, bau, baou: Balma, La Baume, Baume-les-Dames et Baume-les-Messieurs, Les Baumettes, Les Baux. ban, territoire communal dans l’Est de la France, syn. de finage; jadis droit d’un seigneur sur certaines activités (four, moulin), puis étendue sur laquelle il s’exerçait; banal en était l’adjectif, qui a fini par désigner l’ordinaire. Banane bleue, v. dorsale banc, terrain plat ou de faible relief mais émergent: îlot ou haut-fond d’alluvions dans une rivière, plate-forme sableuse ou rocheuse près du littoral (Banc de Trompe-Sot à Saint-Trojan 17), souvent à l’origine d’échouages. D’un vieux terme désignant un siège allongé sans dossier. bancel, terrasse étroite en pierres, surtout dans les Cévennes, souvent assortie d’un muret; vient de banc; quelques lieux-dits. banlieue, habitat périphérique d’une ville; étym.: auréole d’une lieue autour du ban. Certaines banlieues sont spécialisées: résidentielle, industrielle, maraîchère; adj. péjoratif banlieusard. banne, escarpement (origine celte); cf. la Banne d’Ordanche à Murat-le-Quaire 63. banquise, plaque de glace plus ou moins étendue, épaisse et durable en mer polaire: la banquise arctique est mise à mal par le réchauffement. bar, 1. unité de pression atmosphérique; du grec barus, lourd; v. isobare. baraque, construction sommaire en bois, à l’origine d’un millier de lieux-dits en France, dont l’original Baraqueville 12, devenu commune en 1973. barkhane, dune en forme de croissant (Sahara). barrage, obstacle sur une voie ou un cours d’eau. Les barrages naturels sont dus à un éboulement, une coulée de laves, une moraine, un surcreusement glaciaire. Les barrages artificiels ont pour but la création d’étangs (pisciculture, loisirs), la retenue des eaux de crue, la création de chutes pour la production électrique. On distingue entre barrages à aiguilles (à pieux amovibles, bas, sur cours d’eau), barrages-poids (massifs, rectilignes, parfois en terre), barrages à contreforts (plus légers mais résistants), barrages-voûtes (courbes, cimentés, souvent hauts). Le plus haut en France est celui de Tignes (160 m); la plus vaste retenue est celle de Serre-Ponçon (2 820 ha, 1 270 Mm3). barre, relief en ligne, long et étroit (la Barre des Écrins dans les Alpes, divers toponymes); v. barrière. L’image est aussi employée pour un grand immeuble allongé; pour un déferlement d’eau permanent lié à la présence d’un haut-fond et qui fait obstacle à la navigation; barré, fermé par une barrière ou un fossé; v. éperon, oppidum. Nombreux noms en Barret, Barrat. barrenc, ravin profond; le terme, d’origine vasconne (barranco en espagnol), a fourni des toponymes, certains en Barran, Barren. barri, faubourg en occitan, souvent enjolivé en barry. Il a fourni de très nombreux noms de lieux, dont Barry 65, Barry-d’Islemade 82. barrière, obstacle allongé, en barre. La barrière construite sert à protéger: barrer un chemin, une entrée, enclore. Désigne des entrées de villes et faubourgs, comme à Bordeaux, d’après les anciennes barrières d’octroi. Par image, on évoque des barrières naturelles, comme les Pyrénées. Un récif-barrière est un récif corallien isolé, ou proche mais distinct d’un atoll, d’un littoral. barthe, broussailles, surtout en terres humides; toponymes en Barthe, Barthès, Bartas, Labarthe, Labarthète. barycentre, point central calculé d’une distribution spatiale plus ou moins complexe; du grec barus, lourd (v. bar 1). bas, en position inférieure; le-Bas s’oppose en toponymie à le-Haut; équivalents dessous, germanique Nieder (Niederbronn), occitan sutra. En termes de marine à voile, partie la plus éloignée d’une île, sous le vent de l’alizé: Basse-Terre, pourtant la partie la plus haute de Guadeloupe, Terre de Bas à l’ouest des Saintes (Guadeloupe). bas-fond, site profond en eau, à ne pas confondre avec le haut-fond qui est près de la surface. Par image, fut employé (au pluriel) pour les parties les plus pauvres d’une ville; cf. le film Les Bas-Fonds de J. Renoir, 1936, avec J.Gabin et L. Jouvet, d’après la pièce éponyme de Maxime Gorki. base, ensemble d’installations militaires, ville qui les contient; on distingue des bases aériennes (BA113 de Saint-Dizier), navales (Brest, Toulon), militaires (Mourmelon), spatiales (Kourou en Guyane). basilique, église de grande ampleur, de grand renom ou pèlerinage; du grec basilikos pour royal. Le terme a pu désigner sous la forme de bazoche une simple église, voire un marché couvert; nombreux toponymes en Bazoche, Bazouges, Bazoque, Bazeilles. basse, haut-fond: Basse des Bretons devant Lanildut. Prend la forme baz en breton: Baz Meur (grande) à Trégastel, Baz Hir (longue) à Molène. V. baisse. bassin, réservoir d’eau. Par image, espace relativement en creux, même très étendu: Bassin parisien, Bassin d’Aquitaine, Bassin méditerranéen; v. bassin-versant. S’emploie aussi pour des aires d’attraction urbaines: on parlera du bassin de Limoges, de Tarbes… (v. ressort). bassin-versant, étendue drainée par un cours d’eau entre sa source et son embouchure, affluents inclus. Le plus étendu en France est celui de la Loire (117 356 km2). bassine, nom récemment donné à des étangs créés comme réservoirs d’eau pour l’irrigation et parfois vivement contestés, surtout comme mégabassines. bastanès, nom de l’ajonc dans le Sud-Ouest, avec des toponymes en Bastan, la Baste, Labaste, Bastennes, Basta, en lien avec wast et la gâtine. bastide, village créé au Moyen Âge (surtout XIIIIe siècle), essentiellement dans le Midi, en vue du peuplement, éventuellement de la défense, mais beaucoup n’ont pas été fortifiés. La plupart ont été aménagés avec un plan en damier autour d’une place centrale avec halle ou arcades. Le nom vient de bâtir. En vue d’attirer les populations, ces villages ont souvent été dotés de franchises et, hors des fréquents Labastide, d’un nom prestigieux comme Grenade, Florence (Fleurance), Cadix, Cordoue (Cordes), ou Villefranche, Villenouvelle, Plaisance, Beaulieu, Beaumont… bâtiment, v. bâtir bâtir, construire, édifier, créer, y compris dans l’immatériel: on peut bâtir une théorie, une fiction, des «châteaux en Espagne» (chimères). Un bâtiment, une bâtisse, sont des immeubles; mais bâtiment s’emploie aussi pour un navire. Le bâtiment est l’ensemble des activités de construction de bâtiments. Les noms de Bastia, La Bâtie ont la même origine. Ces termes viennent de la riche racine IE bhu, à la fois être, créer dont sont issus les anglais to be (être), to build (construire), les allemands bauen (construire), Bauer (paysan, laboureur). bâtisse, v. bâtir baume, v. balme bazar, marché persan (souk en arabe); le terme s’est répandu en France avec le succès des grands magasins polyvalents du XIXe siècle. Leur abondance de marchandises a donné à bazar le sens figuré de désordre, fatras. bazoche, v. basilique beau, terme flatteur très employé en toponymie, notamment pour les villages nouveaux en quête de publicité: Beauvoir, Beaumont, Belmont, Belleville, Beaurivage, Beaurepaire, Bellerive…; prend la forme bet ou bère dans le Midi: Betbèze, Cassagnabère, Bère Biste à Urt 64…; v. mal. beauce, plaine nue (celte belo ou belsa): outre la Beauce, le terme est employé pour plusieurs petites plaines cultivées de l’Ouest, de la Touraine à la Bretagne; v. champagne. bec, pointe avancée d’un relief; soit en montagne (nombreux noms de sommets pointus, plusieurs en Bec de l’Aigle), soit sur un littoral: Bec d’Ambès à la confluence de la Garonne et de la Dordogne. Le nom est beg en breton: Beg Meil (la pointe du moulin) à Fouesnant; mais il s’applique aussi à des hauteurs saillantes, dont plusieurs Beg Ménez (pointe du mont). bécherel, auge de roue de moulin; a fourni des noms comme Bécherelle, Becquerel. bédat, v. défens beg, v. bec bégude, lieu où l’on boit; il désigne notamment des hameaux au pied de villages perchés en Provence; certains sont devenus plus peuplés que ceux-ci, comme La Bégude-de-Mazenc 26. belvédère, point de vue (= beau voir); nombreux noms en Beauvoir, Bellevue, Belvèze, Betbèze. ben, v. tête berceau, forme de vallée à profil semi-circulaire, propre aux vallées glaciaires creusées en roche dure et dont le fond n’a pas été remblayé après déglaciation; v. auge. berg, nom germanique de la montagne, présent dans de nombreux toponymes de l’Est et du Nord de la France, dont Bergues; v. bric, brigue. De même étyùon que le bourg, qui jadis état soucent perché. berge, rebord plus ou moins escarpé d’un cours d’eau, d’un étang, d’un canal. La berge est érodée par le courant, ou augmentée par le dépôt d’alluvions en eau calme, et appelle un entretien, parfois des protections de bois ou de pierre. Elle peut porter une voie sur berge, comme à Paris en bord de Seine. Le mot est de la famille de berg et évoque une hauteur. berri, nouveau en basque, présent en de nombreux lieux-dits comme Etcheberri (maison neuve), Bordaberry (ferme neuve). Du vascon ou du ligure furent tirés au moins trois Ili-Berri (villeneuve) devenues Auch, Elne et Collioure. besse, autre nom du bouleau, bois de bouleaux; cf. Besse-en-Chandesse, Bessières, Bessèges. béton, mélange de ciment et de granulats, permettant la construction de très grands immeubles, ponts, viaducs, barrages, pistes pour avions; béton armé: incorporant des tiges ou barres de fer. D’emprunt tardif au latin bitumen, n’a pas eu d’impact en toponymie. beuf, suffixe répandu en Normandie (Elbeuf, Quillebeuf, Cricquebœuf) avec le sens de bâtiment, et par extension de village. Il appartient à la famille bhu être-bâtir, comme les -by anglo-saxons, qui a donné aussi des formes en bod dont Bodilis (avec église), bot comme Botmeur (grand), bus (Bourguébus). bide, nom basque pour chemin: Bidarray (épineux), Bidache (de pierre), Bidegain (de crête). bidonville, quartier d’habitat sommaire et spontané à partir de restes de métal, bois, carton, plastique. Le mot est apparu à Casablanca et s’est diffusé au début des années 1930. V. favela, baraque. bief, partie d’un canal entre deux écluses, d’un cours d’eau entre deux rapides ou chutes, ou vers un moulin (v. abée); du celte bed, fossé. biel, vieux en gascon, aussi bielh, bielle au féminin; toponymes comme Hount Bielhe (Fontvieille), Port-Bielh, Artiguebielle. Mais biel et bieille, ont aussi le sens de ville et les confusions sont fréquentes: Vielle-Aure 65 est Ville d’Aure. bien-fonds, propriété foncière; v. foncier. bièvre, du nom du castor (biber), porté par de nombreuses rivières à castors; a donné aussi des formes comme Beuvron, Beuvray. bifurcation, fourche à deux voies; v. diffluence, patte-d’oie, carrefour. bio, préfixe annonçant la vie; IE gwei, vivre, grec bios. V. biologie, biocénose, biomasse, biotope. Ce qui est bio tout court est censé avoir été obtenu sans produit chimique et dans le respect des processus naturels, c’est un label publicitaire, en principe contrôlé. biocénose, système d’interactions entre végétaux, animaux et sols d’un territoire. biodiversité, variété des formes du vivant en un lieu, un territoire, sur la Terre. Ces formes étant interdépendantes et faisant système, sa préservation est estimée nécessaire et fait l’objet d’attentions renouvelées, après des modes d’intervention prédateurs qui ont pu la réduire çà et là: déforestation, monoculture, brûlis, pesticides, couverture des sols…). biogéographie, étude de la distribution géographique du vivant naturel (flore, faune, sols). biologie, science des êtres vivants, pratiquée par des biologistes, avec de nombreuses spécialités: zoologie (animaux), phytologie (plantes), pédologie (sols), jusqu’à l’ichtyologie (poissons), l’entomologie (insectes), la mycologie (champignons)… biomasse, volume de végétaux disponible sur un territoire; ressource renouvelable pouvant servir à la production d’énergie. biosphère, ensemble des êtres vivants de la sphère terrestre. Il existe un programme international L’Homme et la Biosphère (MAB en anglais, 1971, par l’Unesco) et des réserves de la Biosphère (16 en France). biotope, lieu singularisé par sa nature (flore, faune, sol); de bio (vie) et topos (lieu). biredis, v. défens bise, vent froid et piquant, associé à l’hiver: «Quand la bise fut venue… Elle alla crier famine» (La Fontaine, La cigale et la fourmi). blache, inculte broussailleux, surtout dans l’Est; noms en Blache, Lablache, Blaquière. blanc, couleur très employée en toponymie en raison de la fréquence des terrains calcaires, des sols très clairs, des maisons à la chaux et aussi par flatterie, blanc ayant pu avoir le sens de brillant, voire divin: Blanc-Mesnil, Blanquefort, Borde Blanche, Blancherupt; parfois à partir de la forme ancienne alb (v. aube, aubue) ou vindo, voire du grec leukos comme dans Leucate. bloc-diagramme, représentation en trois dimensions d’un espace géographique, d’un relief, d’un modèle, d’une série statistique, soit par le dessin en perspective, soit par construction matérielle. blockhaus, bâtiment fortifié massif, souvent perché, muni de meurtrières pour le tir. Le terme est allemand (maison-bloc) et correspond à la redoute. blocus, blocage des accès à une ville ou un pays en période de tension internationale ou de guerre, censé empêcher son ravitaillement, son commerce. bocage, paysage vert, arboré, cloisonné de haies et de boqueteaux, parmi lesquels se disperse l’habitat, et propre aux régions et sols suffisamment humides; v. par opposition campagne, plaine. boire, ruisseau de fond de vallée, parallèle au cours principal qu’il rejoint néanmoins à l’aval, alimenté par un versant ou par une diffluence; surtout en Val de Loire. bois, groupe d’arbres. Un petit bois est un bosquet, un grand bois une forêt. Très nombreux toponymes en Bois, les Bois, sous-Bois, Bosc, Bosquet, Bousquet. V. selve. bois d’amour, lieu accessible mais abrité, propice aux rencontres discrètes; nombreux lieux-dits un peu à l’écart de villes ou villages; v. bagatelle, galant, trousse-chemise. bon, terme flatteur très employé en toponymie comme Bonneville, Bonvallon, Bontemps, Bonvoisin, Bompas, Bonneterre, Bonnemaison, Bonifacio…; v. mal, beau. bonification, aménagement d’un territoire marécageux par drainage, fertilisation, création de diguettes, de chemins et de fermes; s’est surtout employé en Italie; v. polder. bord, côté, limite. Le nom viendrait d’un berdh évoquant une planche (cf. l’anglais board) ou un tronc creusé (même famille que forer) et a désigné ainsi l’intérieur d’un bateau (à bord, monter à bord, bâbord et tribord) et même d’un avion (commandant de bord, personnel de bord). S’emploie pour un littoral (bord de mer), une mer bordière ; v. bordure. borde, ferme dans le Midi, associant maison et cultures; a pu avoir le sens restrictif de métairie, le métayer étant dit bordier. Nombreux noms Laborde, Les Bordes, Borderie, Bordères, Bordeblanque, Bordenave (neuve), Bordessoule (isolée), Bourdieu… V. borie. bordure, ce qui est au bord, avec une certaine largeur et une affectation particulière: bordure de fleurs, les Cévennes sont une bordure du Massif Central. Mais ce qui est en bordure de est à l’extérieur de. v. frange. Un chemin de bordure est en général extérieur (à une forêt, un camp, un village), mais certains sont intérieurs, comme la talvère d’un champ. borie, maison ou ferme dans le Sud-Est; le nom est d’origine discutée, parfois assimilé à borde; il a été réduit par le tourisme à des cabanes de pierres sèches, mais il est bien plus étendu, présent dans environ 200 lieux-dits dont Laborie, Borio, mais aucune commune. borne, signal marquant une limite, une voie ou offrant un service: borne frontière, borne milliaire (marquant un mille sur une voie romaine), borne kilométrique, borne téléphonique. bosquet, v. bois bouche, ouverture; s’applique par image soit à une embouchure de fleuve (Bouches du Rhône), soit à une baie (Bouches de Kotor, Croatie-Montenegro), soit à un col, surtout en Corse (bocca). bouchot, pieu planté en mer pour l’élevage de moules. Le boucholeur est un éleveur de moules. boucle, sinuosité d’un cours d’eau très prononcée: boucles de la Seine. boulbène, sol gris clair, léger, en partie lessivé, dans le Sud-Ouest; syn. bournais dans l’Ouest; s’oppose au terrefort. boule, rocher sculpté par l’érosion en forme de boule: chaos de boules granitiques du Sidobre, du Huelgoat. Mais un ancien radical bol, bola pour un renflement, une éminence, pourrait être à l’origine de noms catalans come Bouleternère, Boule-d’Amont, Montbolo, Le Boulou; et des alsaciens en Buhl. bouleau, arbre au feuillage léger (latin betula) des terrains siliceux et frais, des sites aérés, souvent pionnier; il a fourni trois séries de toponymes, les uns en Boulay, Boulaie, Bioule, Biol, Belloy, Belley; d’autres plus proches du latin en Bédout, Bedous, Pétouille; la troisième en besse comme Bessède, Bessèges, Besse-en-Chandesse. boulevard, voie majeure mais périphérique en ville, en général à l’emplacement des anciens remparts. Du néerlandais bolwerk, ouvrage en poutres. boulidou, source d’eau tourbillonnante (de bouillir); quelques toponymes. boulingrin, terrain gazonné, qui a pu servir à des jeux de boules, et fait partie d’espaces verts urbains; de l’anglais bowling green. bourbier, endroit boueux, garni de bourbe; à l’origine des noms Bourbon, Bourbre, Bourbonnais. bourg, gros village ou petite ville assurant les services de base à la campagne; le mot bourgeois en dérive. Un petit bourg est une bourgade. Bourg apparaît dans de très nombreux toponymes comme Bourg-d’Oisans, Lanslebourg, Sarrebourg, Beaubourg, Le Bourget, Bourganeuf, certains désignant de vraies villes; mais Bourges vient du peuple gaulois Bituriges. Boourg a le même étymon que berg (mont), le bourg étant jadis le plus souvent un habitat perché par sécurité. Brigue est de la même famille. bourgade, petit bourg bournais, v. boulbène bourrine, v. buron bout, extrémité; divers lieux-dits, y compris en Bout du Monde pour des têtes de vallées ou des sorties de villages, même un Bout Enragé et un Bout Joyeux en Normandie; v. tête, pen. brache, friche ou jachère en germanique; toponymes alsaciens et flamands; parfois sous la forme Driesch, Triesch. brande, lande broussailleuse en partie cultivée (les Brandes en Poitou), souvent en bruyère. bras, 1. par image, étendue d’eau allongée: bras de mer, bras d’une rivière à plusieurs cours bordant une ou des îles. bray, à partir du Pays de Bray normand, dépression de terres argileuses évidée au sein d’un léger bombement anticlinal en pays calcaire. Le nom viendrait d’un gaulois braco évoquant la boue. brèche, 1. ouverture étroite dans un relief: la Brèche de Roland dans les Pyrénées. brède, épineux, nom local de l’aubépine; toponymes en La Brède, Brouc. bren, mamelon, colline en breton: Brennilis associe colline et église; se voit aussi sous la forme bré: Brélevénez est un montjoie. brenne, terrain humide, boueux: la Brenne, dans l’Indre. Vient d’un bren qui évoque la boue, la saleté et qui se retrouve dans le nom de plusieurs rivières boueuses. bretèche, ouverture protégée dans une fortification; fréquente en toponymie. breuil, terrain broussailleux, à l’origine de nombreux noms, dont Breuilh, Brouilh et Broglie, Delbreil, Dubeuil. BRGM, Bureau de Recherches Géologiques et Minières, organisme public de prospection et d’étude, créé en 1959, employant un millier de personnes et réalisant notamment la carte géologique de la France (v. Géoportail). bric, relief marqué, butte ou sommet: le Bric Froid en Queyras; même racine que berg et brigue, parfois avec la forme brec ou broc. BRICS, acronyme désignant les nouvelles puissances d’échelle mondiale émergeant depuis quelques décennies, d’après les initiales de Brésil, Russie, Inde, Chine, puis South Africa. Leurs gouvernements tiennent des réunions stratégiques régulières. Le groupe est parfois étendu sous la forme BRICS+ censée y associer Iran, Indonésie, Émirats, Égypte, voire Éthiopie. brière, marais ou terre très humide et tourbeuse dans l’Ouest: la Grande Brière près de Saint-Nazaire. Le bri est une terre argileuse compacte (argile à scrobiculaires). brigue, à la fois hauteur isolée et habitat perché, comme La Brigue 06; v. berg. brique, bloc régulier d’argile crue (v. adobe) ou cuite servant en construction; du germanique breken, bris, fragment. La briqueterie a donné quelques lieux-dits. brise, vent léger, soufflant alternativement en fonction du réchauffement par le Soleil: brise de mer (le matin quand la terre se réchauffe plus vite que la mer et entraîne un courant de la mer à la terre, l’inverse le soir); le même phénomène se produit en montagne, où les cimes se réchauffent plus vite le matin, entraînant une brise remontant les vallées, l’inverse le soir. bronn, source en germanique, fréquent en toponymie, aussi sous la forme brunn et même brune : Niederbronn (du bas), Brunnmatt (avec pré), Cambronne (froide), Thiembronne (aux roseaux), Brunstatt, Bellebrune 61 (aux baies, de beere, remotivatio d’un Berrebrune). brotteau, atterrissement fluvial, avec taillis humides, en Lyonnais; Les Brotteaux sont un quartier de Lyon. brousse, formation végétale dense et mêlant arbustes et hautes herbes, abondante dans les régions tropicales; mais le terme est employé en France, y compris en toponymie, et peut aussi désigner une partie éloignée de l’espace rural n peu reculée, parfois augmentée argotiquement en cambrousse à partir de campagne. brûlis, défrichement par le feu pour la mise en culture; les cendres contribuent à fertiliser le sol. Le brûlis peut être abandonné ensuite au profit d’un autre, en pays de faible fertilité; la culture itinérante sur brûlis s’applique en régions tropicales ou à sols pauvres et techniques rudimentaires; on revient aux premiers brûlis au terme d’un cycle de plusieurs années. Certains brûlis sont annuels, sur chaume, par exemple de maïs, de canne à sucre. V. artigue, écobuage, usclade. brunn, v. bronn bruyère, plante éricacée des sous-bois et des landes, surtout sur sols siliceux; abondante en toponymie avec les formes Brugue, Bruguières, Bruères, Bruges, Brouc; v. aussi brande. buffevent, endroit venteux, présent en toponymie; buffer est souffler en occitan; plusieurs Bouhabent en Gascogne, où le v devient b et le f, h. buis, arbuste ou arbre à feuilles persistantes et souvent de très longue vie, ce qui en fait un élément de décoration et de vénération par l’âge, qui l’ont fait très présent en toponymie sous les formes Buis, Bussières, Buxeuil, Boisse, Boissède, Boussès, Bouchoux, Bouix et même Les Boucheries à Ossun 65, et Beuz en Bretagne; mais il peut être confondu avec buisson. buisson, arbrisseaux, de bois ; nombreux noms de lieux, certains déformés en Boisson. bureau, lieu où se font les écritures et les calculs, l’administration et la gestion. Le nom vient de la bure, une étoffe de laine grossière et sombre qui servait à recouvrir les tables, et à vêtir les moines. Il existe des immeubles de bureaux, des quartiers de bureaux en ville. Les bureaux sont une entité perçue comme mystérieuse et toute-puissante où règnent les bureaucrates et la bureaucratie. V. tertiaire. burle, vent d’hiver, surtout dans la partie orientale du Massif Central; quelques toponymes en Burle et Burlet. buron, cabane de pierres en Auvergne, proche de la bourrine en Maine et Vendée et probablement issu du bhu IE (v. bâtir). butte, relief isolé, souvent lieu d’habitat perché défensif: les Buttes-Chaumont, la Butte Rouge, les Butteaux. Nombreux noms locaux, comme cuq, tertre, turon. |